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Causerie entre deux ministres : Stanislas Ouaro et Alkassoum Maïga

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Stanislas Ouaro est ce ministre en charge de ce gros ministère qu’est celui de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues nationales (MENAPLN). Quant à Alkassoum Maïga, il s’occupe du box de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation. Si tous deux sont professeurs (ou PR), ils ont quelque chose d’autre qui les lie : la parenté à plaisanterie. En effet, dans l’esprit des Bobo/Bwaba, tous les habitants Sahel sont des Peulh, donc des cousins à plaisanterie. L’inverse aussi semble vrai pour tous ces Sahéliens du Faso pour qui les gens de la zone ouest du pays sont des Bobo/Bwaba. Quoi de plus normal que cette fibre de cohésion sociale déteigne sur la causerie des deux ministres qui doivent avoir des insomnies avec la rentrée. En tout cas, c’est ce que moi j’ai vu en rêve la nuit dernière, ou ces deux échangeaient autour des préoccupations du moment.

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MAÏGA : Petit bwaba, comment se profile ta rentrée ?

OUARO : Petit buveur de lait, attention hein ! Il est temps que tu comprennes une fois pour toutes que le lait c’est pour les enfants ! Bon, ma rentrée, que veux-tu dire par là ?

MAÏGA : Le 1er octobre, c’est la rentrée des classes. Avec tes centaines de milliers de bambins du préscolaire, tes « primairiens », tes collégiens et tes lycéens, c’est bien ta rentrée…

OUARO : Je te comprends. Chez toi c’est autre chose, avec tes longues années interminables, malgré les solutions apportées. Des années qui se chevauchent. Chez toi on ne parle plus d’année mais de semestres… Souvent je me demande comment tu te débrouilles avec tes semestres-là ! Voilà encore des étudiants en pleins cours pendant que nous sommes en train  d’effectuer une nouvelle rentrée. Et les parents ne comprennent pas…

MAÏGA : Tu as eu la chance que tu as quitté l’université Thomas-Sankara pour te retrouver au MENAPLN. Sinon, tu allais continuer de goûter aux mêmes problèmes que moi.

OUARO : C’est toi qui as commencé. Sinon, mathématiquement, le supérieur comme l’éducation de base, c’est le « same figth ». Comment comptes-tu gérer ton année à toi ?

MAÏGA : Moi je ne sais même plus à quelle année je suis. Les semestres, ça a fini par m’embrouiller. Pendant que les étudiants des universités privées finissent normalement leurs années, chez nous au public, c’est l’éternel chevauchement…

OUARO : Mathématiquement, les choses doivent pouvoir se gérer.

MAÏGA : Ah oui hein ! Et comment ? Comment comptes-tu te servir de tes maths pour résoudre les problèmes de tous genres sous le poids desquels ton MENAPLN ploie ?

OUARO : Il est vrai que j’ai beaucoup de choses à faire. Les enseignants des zones à haut défi sécuritaire, les classes sous abris précaires à résorber alors d’autres sont occupées par les sinistrés. Le front syndical, je ne sais pas ce qu’il en sera. Mais toi aussi tu as tes pétards, je sais.

MAÏGA : Oui, les étudiants, ils sont nombreux. Mais je saurai les prendre. Je ne me comporterai pas en Alpha Condé. Même un Bobo saoul ne se serait pas comporté de la sorte. Tes réformes, tu as de l’espoir ? Tes ENEP qui sont fusionnées en un institut ? Tes professeurs des écoles niveau bac ? Tu penses avoir bien copié ?

OUARO : La fusion des ENEP, ces écoles nationales des enseignants du primaire, un calcul rapide nous permet de savoir que l’État économise 900 millions par ans. Ce n’est pas rien dans un pays comme le nôtre. S’agissant de l’appellation « professeurs des écoles », même si tu penses qu’on a copié, eh bien !, il n’y a rien de grave en cela. Ne sais-tu pas que c’est au primaire qu’on apprend la copie à l’enfant ? Mais cela n’empêche pas certains une fois grands, de continuer de copier, même à l’Université, dans les amphis.

MAÏGA : Ce n’est pas pour te donner des leçons, mais tu sais que l’appellation « professeurs des écoles » vient de chez nos ancêtres les Gaulois… Là-bas, à ce qu’il paraît, que tu sois du primaire ou du postprimaire, on vous recrute avec le même niveau, la licence je crois. Avec le même niveau et la même durée de formation, tout le monde est professeur. Que tu veuilles aller au lycée ou au primaire, tu es professeur… Mais chez toi, il y a des professeurs bacheliers et des professeurs titulaires de licence… Mon petit Bobo, comme tu aimes les mathématiques, sais-tu combien tu dois aux formateurs de ces bientôt futures ex-ENEP ?

OUARO : Ah bon ? On t’a dit que je leur dois ? Et puis, veux-tu te transformer en journaliste ? Moi je ne dois pas des sous à mes formateurs. S’il y a argent à leur donner, c’est au ministère de l’Économie et des Finances. C’est ce que je leur avais dit, étant donné qu’en attendant de clarifier leur situation relativement à la fameuse loi 033, ils sont régis par la 013. Seulement, les effets n’ont pas suivi… Ils auront raison s’ils se plaignent. Mais parlons de tes parents. J’espère que de plus en plus ils aiment l’école hein ?!…

MAÏGA : Ils aiment l’école bien sûr. Mais ils aiment aussi leur bétail. À toi de nous trouver la solution. Et ce devra être facile. Et puis, sache que nous partageons beaucoup  de point communs…

OUARO : Chez nous comme chez vous il y a la calebasse. Mais par moment vous faites exprès pour vous tromper de couleur. Au lieu de boire votre lait blanc, vous buvez ce qui est rouge… Je suis prêt à poursuivre la démonstration. Pour te prouver que, même si tu es au supérieur, ne te crois pas supérieur à moi. Les maîtres c’est nous…

MAÏGA : Quand un maître boit, que peut-il maîtriser encore ? Qui peut-il maîtriser ?

OUARO : …

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Toc toc toc ! C’est mon petit-fils qui me réveille. « Papy, je veux l’argent pour aller à l’école ! » Je me réveille. Il est 22 heures. Sous le coup de la fatigue, je m’étais donc assoupi dans mon divan. Que la journée a été harassante… Je pensais à comment faire face aux multiples problèmes de ce début d’année scolaire quand le sommeil m’a pris… Bonne année scolaire ou académique à toutes et à tous. 

Les rêveries de Gnindé Bonzi

Fiction/Humour/Histoire

 

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